16.05.2010
La république sociale c'est l'opium du peuple
Ça y est, les chefs de gouvernement de la zone euro, enfin au fait qu'un état n'est pas forcément à l'abri d'une faillite ont mis au point un filet virtuel de secours de 750 milliards d'euro qui va permettre de continuer à faire de la politique "as usual". Pour preuve Sarkozy veut ramener le déficit public à 3% en 2012 : s'il avait réellement pris conscience du problème ce n'est pas à 3% qu 'il voudrait le ramener mais à 0% et dès 2011. L'illusion de l'état déconnecté de la réalité peut donc continuer.... encore quelques temps. En effet ce filet risque bientôt d'apparaître comme insuffisant tant les perspectives de maîtrise de la dette pour les 30 prochaines années sont illusoires. Ce n'est pas seulement de méchants libéraux empêcheurs de profiter de droits sociaux qui le disent mais la très respectable Banque des Réglements Internationaux, une sorte d'organisme chargé d'analyser la dette des états et dont le graphe ci joint tiré d'un de leur rapport(que vous pouvez télécharger work300.pdf est suffisamment parlant pour que même un délégué de SUD RAIL puisse être alerté sur la viabilité du système. Il nous montre clairement que si on continue comme avant, en 2020 le dette publique représentera 200 pour cent du PIB et que même en faisant des ajustements (ce que certains pourraient appeler rupture) elle continuera à croître régulièrement vers des taux insupportables. 
La question n'est plus de savoir si mais quand viendra notre tour car les forces qui poussent vers l'accumulation des dettes ne permettent pas une sortie avant la faillite. Quels sont ces forces ?
Le poids de la fonction publique :nous avons le plus grand nombre de fonctionnaires parmi les pays de l OCDE, ne pas remplacer 1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite ne représente qu'une goutte d'eau dans le tonneau des danaïdes. D'autant plus que les collectivités territoriales se chargent de recruter de nouveaux agents. D'autre part on imagine très bien le succès que rencontreront les diverses grèves et manifestations dès qu'il s'agira de toucher aux rémunérations. On voit mal comment des économies seront réalisées dans ce secteur sans toucher aux structures, sans courage politique ou sans etre déjà dans le trou.
Le poids de la protection sociale :les deux poids lourds de la protection sociale obligatoire (assurance maladie et retraites) bien que non comptabilisés dans les déficits budgétaires contribuent eux aussi à l'endettement. A t on déjà vu les comptes de la SECU en équilibre ? Allons nous rajeunir dans les prochaines années ? La secu est un système solidaire où la responsabilité de chacun est diluée dans le collectif, l'illusion du gratuit se fait payer cher et pousse à une surconsommation médicale. La retraite par répartition est quand à elle le plus bel exemple de spoliation du travail individuel par l'état toujours au nom de la solidarité. Elle concourt à appauvrir la France et les français, elle est comparable à un système à la Madoff, elle laisse à nos enfants une charge immorale, enfin avec le vieillissement de la population elle deviendra rapidement insupportable. La capitalisation au contraire permettrait à chacun de se constituer un capital qu'il pourrait transmettre à ses descendants.
L'interventionisme étatique : grande spécialité gauloise. La France a été le maitre d'oeuvre de la PAC, les agriculteurs vivent en grande partie de subventions dont les mécanismes pour le moins opaques créent une économie déconnectée de la réalité. Ces mécanismes ont créé à partir d 'honnêtes travailleurs (paysans, pêcheurs...) ou d'entrepreneurs des assistés économiques, là encore il sera impossible de faire marche arrière, tant la pression sociale sera forte. Il en est de même dans les autres secteurs économiques : automobile (prime à la casse par exemple) , nucléaire, service (TVA réduite), avion, énergies vertes, culture .. Bon an mal an ce sont des dizaines de milliards qui sont prélevés quelque part pour être mis ailleurs.
Les perspectives de croissance : pour combler les déficits à venir il nous faudrait une croissance de pays émergent. Avant la crise financière la France était plutôt dans le bas du peloton il n'y a pas de raisons que la situation s'améliore. Les entreprises créatrices de richesse et de croissance étant surpénalisées par rapport à leurs concurrents vont se retrouver un peu plus asphyxiées par les nouveaux prélèvements liés à la dette. Le chômage endémique tel que nous le connaissons ne descendra pas sous les 8 % de la population active et pèsera un peu plus sur les comptes publics.
Le poids de l'intelligentsia des experts et de l'opinion : on entend déjà de plus en plus d'appels à un nouveau plan de relance (comme si on ne sortait pas d'un plan de soutien à l'économie) accompagné d'une augmentation des impôts ou mise en place de diverses taxes. Les économistes nous martèlent les bienfaits de l'endettement en prenant exemple sur le rôle de celui ci dans l 'entreprise. Certes le crédit permet investissement et développement mais les banquiers ne prêtent en général qu'à des sociétés qui présentent au moins des comptes équilibrés ou des garanties sérieuses. Or la France ne présente plus de budget équilibré depuis belle lurette, restent les garanties c'est à dire les recettes supplémentaires dont peut bénéficier l'état (impôts et taxes) ou la vente d'actifs. Nous avons le plus fort taux de prélevement des pays européens (environ 55% du PIB) et cela pèse déjà très lourd sur notre économie, les recettes supplémentaires que l'on pourrait tirer en taxant le capital, les hauts revenus au nom de la solidarité ou de la répartition des richesses sont marginales et contribueront un peu plus au découragement des élites et à l'exode fiscale.
L'inutilité de l UMP : ce parti dominant de la vie politique francaise fait figure dans le paysage européen de parti de centre-gauche incapable de mener des réformes de structure. Il n'en a pas la volonté, il n'est animé par aucune conviction et accouche régulièrement de leaders formatés à l'école de l'état omniprésent. Ce n'est pas des rangs de l 'UMP que sortira un président pouvant dire à la manière de Reagan : "L'état n'est pas la solution, c'est le problème".
Nous sommes donc au bord du gouffre et ces forces nous poussent un peu plus vers en avant, la crise des subprimes invoquée régulièrement n'est en rien responsable de cette gabegie. En France il faut plutôt regarder du côté des déficits budgétaires accumulés au cours des années au nom de la solidarité et des dogmes nationaux tels que les services publics, le patriotisme économique et les diverses subventions pour l'intéret de certaines corporations. On savait que le communisme était un système invivable, aujourd'hui on constate que sa version light, le socialisme et le dirigisme étatique de droite conduisent inévitablement aux mêmes résultats, tout en mettant les citoyens dans un état de dépendance à la manière d'une drogue. Le fait que ceux ci soient à ce point accros doit il pour autant dédouaner nos politiciens ? Certains se précipitent dans la démagogie en prétendant vouloir moraliser le capitalisme, mais est il moral de laisser aux générations futures un tel poids ? Ne faudrait il pas plutôt moraliser l'action politique la rendre plus responsable et donc justiciable?
Qouiqu il en soit les solutions proposées ne permettront pas de rétablir la situation car il ne sagit que d'ajustements.
L'édifice de la république sociale francaise bâtit depuis la libération ressemble à une tour de Babel ....

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